SECONDE PARTIE DU CHARACTER DESIGN DU BOUCHER

Bienvenue dans cette seconde partie de la vidéo de character design du Boucher. Aujourd’hui, comme convenu, nous allons avancer notre character design jusqu’à ce stade:

concept butcher phase finale 3
concept butcher phase finale 3

Dans la première vidéo, nous nous sommes attardés sur la conception de différentes idées de character design du Boucher. Cette seconde partie traite du raffinement d’une des idées émises pour passer d’une esquisse grossière à un dessin plus abouti qui parlera plus aux lecteurs.

Cet affinage du dessin permet de mieux définir et de maîtriser le personnage lorsqu’il sera injecté dans le manga.
En effet, de l’expérience que j’en ai eu, concevoir un personnage directement dans les planches est une mauvaise idée qui mène à un design quelconque, mal maîtrisé et parfois même incohérent. C’est ce qui donne toute son importance au travail préparatoire qu’est le character design.

Les temps indiqués sont au format (hh:mm:ss)

Contrairement à un encrage traditionne l, ici il ne s’agit pas de refaire un nouveau dessin propre distinct de l’esquisse, puis d’effacer l’esquisse. Il s’agit plutôt d’ajouter une nouvelle couche par dessus la précédente.

En parlant de ça, un lecteur m’a dit ne pas avoir vu la différence entre le dessin de ligne et le dessin de silhouettes,  j’ai donc fait un petit enregistrement à part pour montrer la différence.  Nous reviendrons ensuite à la vidéo principale.
Donc à gauche ( à 00:00:49) vous pouvez voir un dessin de ligne et à droite une silhouette qui n’est autre qu’une peinture digitale. Le dessin de ligne est d’abord esquissé puis mis en transparence pour être redessiné proprement sur un calque distinct. La peinture quant à elle est écrasée par de nouvelles couches qui l’affinent continuellement. Les valeurs du dessin sont faites à base de hachures alors que pour la peinture ce sont des changement de valeur qui donnent la volumétrie. Voilà !

Dans le cadre de notre vidéo vous voyez le compteur de temps qui commence à 02:18:##. Les deux premières heures je les ai passées à faire un boudin. Le dessin était super naze et j’ai décidé de recommencer. C’est toujours frustrant de jeter un travail à la poubelle pour recommencer. Mais il ne faut pas se laisser affecter outre mesure. Recommencer, c’est la première chose qu’apprend à faire un dessinateur. La répétition est vraiment à la base de l’accumulation d’expérience dans le domaine du dessin.

J’ai continué encore quelque chose comme 4 heures à essayer d’obtenir un résultat mais je n’arrivais toujours pas à me sentir à l’aise en mode peinture. Pour le chronomètre il redémarre à chaque fois que je coupe l’enregistrement, donc ne faites pas trop attention. La méthode qui me réussit bien, c’est de d’abord définir les valeurs des volumes principaux, puis secondaires, puis ensuite de rajouter les textures. Sinon je fais des choses incohérentes, volumétriquement parlant.

Cependant le pinceau aussi m’a donné du mal. Pour bien m’exprimer dans le dessin / la peinture, j’ai besoin de me sentir synchronisé avec l’outil que j’utilise. C’est à dire qu’il faut que je sente que le pinceau traduit mes pensées correctement. Il faut donc trouver le réglage qui convient. Moi ce qui m’a convenu c’est d’avoir une taille ET une opacité définis par la pression du stylet. Là (avec l’aide de la variation de l’opacité principale en pourcentage) j’ai l’impression d’être à l’aise comme avec un crayon papier et je peux m’exprimer librement.
Ce n’est que lorsque j’ai utilisé ce type de réglages que j’ai pu affiner le dessin correctement (c’est à dire dans les 2 dernières heures de dessin).

Vous remarquerez que j’utilise toujours la dureté 100 % du pinceau. J’ai horreur du pinceau flou, je préfère mettre des couches non opaques successives. Le flou je le garde pour des cas particuliers que je n’ai pas encore défini ! Peut être pour le photo-réalisme ?

Concernant les détails ajoutés au Boucher durant cette phase d’affinage. On peut voir que son bras droit prend des allures de gencive (00:03:07) au bout de laquelle des crocs poussent dans tous les sens. J’ai eu du mal à rendre ces crocs (00:03:21) car je manque de références sur le sujet et que je n’ai pas voulu m’arrêter pour chercher sur le moment car je me sentais bien lancé. Normalement il faut être bien documenté et avoir de bonnes références pour pouvoir donner un design riche, réaliste et cohérent. Ne faites donc pas comme moi !

Les autres crocs sont moins détaillés, cela permet de les mettre un peu en fond et de donner un sentiment de profondeur accru.

Entre le ventre du Boucher et le corps arachnoïde il y a une transition. Dans un univers plein de mutants dont les corps sont sujets à de telles transitions, il faut savoir gérer graphiquement de sorte à ce que ce soit crédible et intéressant. J’ai horreur de ces transitions qui se font par un simple changement de couleur de la chair. Ici on parle de tissus totalement différents qui s’interpénètrent et s’ancrent les uns dans les autres. Il faut qu’ils racontent l’histoire de leur mise en place quand on les regarde. J’essaye donc d’éviter au maximum de faire des transitions bidon.
Pour en revenir à la transition entre le ventre du boucher et la partie basse (00:04:49). Vous savez si vous avez regardé la vidéo précédente que le Boucher est censé être incrusté à la tête de ce corps d’araignée. Donc à la base, la partie noire qui monte un peu de manière rocheuse autour de son ventre, couvre sa chair en l’étreignant. Cependant le ventre du Boucher est gras de toute évidence, et écrasé par l’emprise du corps inférieur, il ressort un peu, comme un ballon de baudruche qu’on presserait. Du coup le ventre et la partie basse se superposent selon la compression et les gonflements.

La dernière étape sera pour moi d’affiner la liaison avec le flagelle (00:05:15). Ici il est question d’exprimer un élément qui a poussé en étirant violemment le membre d’origine. Les reliefs crées partent tous dans le même sens. Cela permet à mon sens d’exprimer un certain dynamisme et une grande nervosité.

Vous allez maintenant voir les différentes phases par lesquelles cette peinture est passée. Ça vous donnera une idée de son évolution.

Sinon n’hésitez pas à réagir et à poser des questions, J’y répondrai dans la prochaine vidéo comme pour la différence entre le dessin de ligne et de silhouette.

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Dans les prochaines vidéos, on reprend le making of du chapitre 5 avec peut être un peu de peinture ici et là pour ne pas perdre la main ! Alors je vous dis à très bientôt !